De l'or ou des cailloux?

Publié le par GLAD

 

Dans un village où Nasreddin Hodga était imam, les gens avaient l’habitude de collectionner des pièces d’or, de les mette dans une jarre et de l’enterrer dans leur jardin. Une fois par an, ils déterraient la jarre, admiraient les pièces puis l’enterrait de nouveau. Djeha prit des cailloux, les mit dans une jarre et l’enterra.

- Effendi, ça ne va pas ainsi, tu dois remplir ta jarre d’or, lui dirent les gens.

- Braves gens, dit Hodja, considérant que vous ne dépensez pas votre argent, qu’importe que ce soit de l’or ou des cailloux ?

 

 

 

En lisant cette petite histoire de Goha (Nasreddine Hodga), j'ai immédiatement fait un parallèle avec la parabole des talents: (Mat. 25, 14-29):

 

Il en sera comme d'un homme qui, partant pour un voyage, appela ses serviteurs, et leur remit ses biens.

Il donna cinq talents à l'un, deux à l'autre, et un au troisième, à chacun selon sa capacité, et il partit.

Aussitôt celui qui avait reçu les cinq talents s'en alla, les fit valoir, et il gagna cinq autres talents.

De même, celui qui avait reçu les deux talents en gagna deux autres.

Celui qui n'en avait reçu qu'un alla faire un creux dans la terre, et cacha l'argent de son maître.

Longtemps après, le maître de ces serviteurs revint, et leur fit rendre compte.

Celui qui avait reçu les cinq talents s'approcha, en apportant cinq autres talents, et il dit: Seigneur, tu m'as remis cinq talents; voici, j'en ai gagné cinq autres.

Son maître lui dit: C'est bien, bon et fidèle serviteur; tu as été fidèle en peu de chose, je te confierai beaucoup; entre dans la joie de ton maître.

Celui qui avait reçu les deux talents s'approcha aussi, et il dit: Seigneur, tu m'as remis deux talents; voici, j'en ai gagné deux autres.

Son maître lui dit: C'est bien, bon et fidèle serviteur; tu as été fidèle en peu de chose, je te confierai beaucoup; entre dans la joie de ton maître.

 Celui qui n'avait reçu qu'un talent s'approcha ensuite, et il dit: Seigneur, je savais que tu es un homme dur, qui moissonnes où tu n'as pas semé, et qui amasses où tu n'as pas vanné;

j'ai eu peur, et je suis allé cacher ton talent dans la terre; voici, prends ce qui est à toi.

Son maître lui répondit: Serviteur méchant et paresseux, tu savais que je moissonne où je n'ai pas semé, et que j'amasse où je n'ai pas vanné;

il te fallait donc remettre mon argent aux banquiers, et, à mon retour, j'aurais retiré ce qui est à moi avec un intérêt.

Otez-lui donc le talent, et donnez-le à celui qui a les dix talents.

Car on donnera à celui qui a, et il sera dans l'abondance, mais à celui qui n'a pas on ôtera même ce qu'il a.

 

Vous me direz: mais quel est le parallèle entre les deux histoires?

 

Dans l'histoire de Goha, les hommes cachent leur "trésor" et une fois par an le regarde jalousement puis le remettent en terre. Dans l'histoire des talents, un homme choisi également de conserver le talent en faisant un trou dans la terre et le cacha, tandis que les autres firent fructifier la mise de départ. Cette parabole a toujours été pour moi un véritable mystère:

N'est-il pas plus prudent de garder ce que le Maître a donné et pouvoir le lui rendre à son retour? N'est-il pas fou de spéculer sur l'argent d'un autre? Les 3 autres personnes du récit prennent des risques, beaucoup de risques… et pourtant c'est eux qui sont récompensés à la fin au retour du maître. Pour moi, à première vue, c'est folie!

 

Je pense que ca a quelque chose à voir avec la relation donner-recevoir. Jésus dit: Demandez et l'on vous donnera (Mat 7.7). Mais bien plus important encore:

Donnez, et il vous sera donné: on versera dans votre sein une bonne mesure, serrée, secouée et qui déborde; car on vous mesurera avec la mesure dont vous vous serez servis.(Luc 6.38)

 

Dans le monde que l'on connaît, plus on donne, plus on devient pauvre parce qu'on a moins, forcément. Dans le royaume de Dieu, plus on donne, plus on s'engage, plus on aide et plus on reçoit… C'est un vase communicant à l'envers: plus on vide pour donner, plus Dieu s'engage à nous remplir.

 

Du coup, on comprend peut-être mieux ce que Jésus voulait dire en prenant l'exemple de cet homme qui n'a rien donné, par peur d'être réprimandé. Je disais tout à l'heure que les autres avaient pris des risques, beaucoup de risques… mais ceux-ci connaissaient la loi du royaume de Dieu. Ils ne prenaient aucun risque, ils vidaient leur vase pour que Dieu le remplisse encore et encore. Celui qui donne reçois. Celui qui retient sera retenu. Celui qui a caché la pièce (ou l'or dans l'histoire de Goha) ne connaissait pas les lois de Dieu sinon, il n'aurait pas eu peur et se serait mis au travail. Et comme Nasreddine Hodga, on peut dire: qu'importe que ce soit de l'or ou des cailloux, vous ne le dépensez pas...

 

Où je veux en venir? Chacun a reçu des richesses de la part de Dieu. Chacun! Mais qu'en fait-on? Sommes-nous comme ces gens qui enteront notre trésor et le sortons une fois par an pour l'admirer puis le remettre en terre? Dans ce cas, mieux vaudrait pour nous que ce soient des cailloux! Car dans la parabole des talents, en conclusion, Jésus dit:

 

Otez-lui donc le talent, et donnez-le à celui qui a les dix talents.

 

Dieu donne des talents pour les utiliser. Si on les laisse au placard, il trouvera quelqu'un d'autre pour faire ce qu'il avait prévu de faire à travers toi ou moi. Dommage.

Et si on allait voir quel(s) talents se trouvent dans la jarre enterrée dans notre jardin secret? Et si on faisait entièrement confiance à Dieu car, s'il l'a donné, c'est pour le faire fructifier?

Et si on s'intéressait de plus près aux dons de nos proches pour les encourager à les développer?

Et si… je laisse ton imagination compléter cette phrase, grâce à tes talents de créativité…

 

 

 

 

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Publié dans histoires de Goha

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