coupe la culpa!
La seule personne qu’on va avoir à supporter toute sa vie, pour sûr, c’est soi-même… alors vaut mieux avoir une excellente relation avec elle !
Dimanche matin… Dimanche, le jour où on s’arrête pour se reposer, reposer son esprit aussi, si possible son âme (ses sentiments)…
Parlons de la culpabilité ce matin, tu veux bien ?
Je viens d’effectuer la moitié de ma vie, selon les probabilités statistiques… et voilà que hier soir, je saisis le sens véritable de ce mot ! quel bonheur !alors ce matin, pour reposer ton âme aussi, j’ai envie de partager ma découverte simple mais surprenante…
« se sentir coupable », « être coupable », ma vie était pleine de ce sentiment affreux : j’ai pas bien fait, je ne suis pas à la hauteur parce que j’ai mal agi… et une question me taraudait chaque jour : comment réparer mes erreurs ? Le passé est écrit sur le roc : personne ne peut ni l’effacer, ni le modifier. Je me sentais non seulement triste, mais impuissante : c’est fait et je ne peux pas changer.
Mais voilà qu’une simple discussion avec un vieux philosophe sage (mon papa que j’adore !) m’a changé la perspective et m’a rendu non seulement l’espoir, mais la joie tant espérée et recherchée, sans parler de la paix du cœur ! quel cadeau pour un week-end de pentecôte !…
On était en train de parler des principes d’éthique de base : 4 principes couramment utiliser en éthique biomédicale : bienfaisance, autonomie, justice et équité. Je réfléchissais toute la semaine à ces sains principes en me disant qu’en les appliquant dans la vie de tous les jours, on devait bien arriver à éviter la culpabilité… voilà le nœud ! Qu’est-ce que la culpabilité ?
Pour moi, je croyais sincèrement que la culpabilité était ce terrible sentiment d’avoir failli, de ne pas être arrivé à faire ce qu’on avait décidé dans l’idéal… une barre placée trop haute et tombée à notre passage de saut en hauteur ?... j’ai développé avec le temps un dégât collatéral : si je n’y arrive pas, c’est que je ne suis bonne à rien alors… et c’est la spirale infernale : si je ne suis bonne à rien, pourquoi encore essayer ? et si je n’essaye plus, à quoi sert de vivre ? je n’attends plus rien de la vie, sinon la mort… et dernière étape : pourquoi attendre la mort, autant la provoquer alors, je souffrirai moins non ? Mais si je hâte ma mort, je serai coupable… et comme je crois à la vie éternelle, je vais emporter ce lourd fardeau pour le reste de ma vie éternelle ! Désespoir sur désespoir et impasse complète… Dépression… Il doit bien y avoir une sortie me disais-je ! mais chaque fois que je tentais une sortie, je me retrouvais en échec et le tourbillon me ramenait inlassable au centre : la mort pour récompense et comme dernière erreur ! Heureusement pour toi, ce n’est pas le cas ! mais je t’explique le contexte de ma découverte !
Culpabilité : étymologie du mot : culpa = faute. Attends… faute vs erreur ? La faute est intentionnelle, l’erreur est comparable à trébucher sur la route…
Erare humanum est dit l’adage latin. Oui, l’erreur est humaine. Jusqu’à nouvel avis, je SUIS humaine ! L’intention fait toute la différence !
Si on reprend les 4 principes de base de l’éthique, voici quelques questions à se poser pour différencier l’erreur de la faute :
- Dans l’action « incriminée », ai-je voulu faire du mal, blesser, salir ou détruire quelqu’un (y compris soi-même s’entend) ? (principe de bienfaisance) ? Question cruciale : l’intention de nuire indique la faute. Sinon, si j’ai agis sans intention de nuire et que j’ai malencontreusement blessé ou même tuer quelqu’un, je ne suis pas coupable ! Je peux regretter que ce soit passé ainsi, mais ce n’est pas ma faute
- Principe de justice : Qui est responsable ? Chacun est responsable de ses actes. Dans le cas où on a subi une action d’un tiers, la justice reconnaît que c’est la personne qui a agi qui est responsable de ses actions. Ai-je agi ? ai-je subi une situation qu’une tierce personne a provoquée ? Dans ce dernier cas, rendre la justice et rendre la responsabilité à la bonne personne permet de mettre un nouveau jalon pour nous même : oui, j’étais là au mauvais moment, au mauvais endroit et j’ai subi l’action d’une autre personne, mais je n’en porte pas la responsabilité, je porte les blessures, mais la justice ne me condamne pas. Alors pourquoi je me condamnerai moi-même pour quelque chose qui ne m’appartient pas. Rendons à César ce qui appartient à César !
Je pense toujours à la scène mémorable dans le film Will Hunting où Robin William répète au jeune révolté qui a subi des sévices graves toute sa jeunesse que ce n’est pas sa faute. La première fois qu’il le dit, le jeune lui dit d’un air entendu : oui, je sais. La deuxième fois qu’il le lui dit, le jeune réveille son esprit et dit : oui c’est vrai avec plus de conviction. La troisième fois le jeune commence à être agacé se demandant si le psy le prend pour un imbécile ! La quatrième fois, le jeune se met carrément en colère… et la cinquième fois, il commence à pleurer de toute son âme. Il finit dans les bras du psy à sortir toutes ses douleurs intérieures et commence à être reconnaissant… Ce n’est pas ta faute Will ! Il finit par intégrer après avoir versé des larmes de douleurs et se sent soulagé profondément : quelqu’un reconnaît que ce n’est pas sa faute !
- Principe d’équité (du latin aequitas = égalité). Magnifique principe. Peut-être est-ce évident pour toi, j’ai dû apprendre : je vaux autant que les autres ! Si je respecte les autres et leur pardonne leurs erreurs, alors je me respecte autant (pas plus, pas moins) et je me pardonne mes erreurs. Si quelqu’un a fait une faute, il en porte la responsabilité. De même si j’ai fait une faute, j’en porte la responsabilité. Si quelqu’un te donne son amour, reçois-le comme un présent. Ne rejette pas l’amour, accueille, malgré tout… justement !
Mais c’est aussi valable dans l’autre sens : les autres valent autant que moi : le vieil adage dit « ne fait pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse ». Ils valent la peine. Ils méritent mon respect, ma compassion, ma grâce (ton pardon) et mon amour. Nous sommes tous à égalité devant Dieu : des enfants qu’il aime et chérit avec tendresse. Nous sommes tous des hommes faillibles et fautifs à un moment ou à un autre dans notre vie. Si nous sommes des enfants à égalité, alors nous n’avons aucune raison de nous considérer meilleur, supérieur ou plus aimé du père que les autres… ou moins bon, inférieur et rejeté du père. Plus de concurrence, seulement des compagnons de route. Plus de haine, seulement des partenaires de vie, en route. J’aime cette petite phrase que j’ai offert à un ami pour son anniversaire : Il n’y a pas de bon ou de mauvais chrétiens, seulement des pécheurs pardonnés en route vers l’éternité.
- principe d’autonomie : Grâce à Dieu, nous ne sommes pas des automates ! Nous avons une autonomie… comme les voitures électriques… sauf que la voiture a une capacité d’autonomie de
Dans l’affaire de culpabilité, l’autonomie suppose une règle de base : libre mais pas indépendant ! Assurément, je dépens de celui qui me prête vie tous les jours. Je dépens de sa grâce à chaque instant. Je dépens de son pardon pour me libérer de mes fautes. Reconnaître la dépendance envers Dieu me rends libre d’être autonome toute ma vie. En croyant être « maître de ma vie », je nie l’évidence : suis-je maître des circonstances, maître des réactions des autres ? maître de la longueur de ma vie, maître de ma santé ? maître de l’endroit où je nais et de ma culture ? maître des rencontres faites dans ma vie ? maître des blessures infligées par autrui ? et même suis-je toujours maître de mes sentiments, de mes émotions et de mes actes ? L’autonomie suppose donc de reconnaître ce qui est, et dans le « ce qui est », rester libre de ses pensées, de ses actes, de ses choix. Ce qui est ne peut être changé. Mon attitude face à ce qui est peut changer ! Je vis une situation injuste ? c’est ce qui est. Je réagis en me révoltant, c’est mon choix ! ou j’accepte que la situation est injuste et j’agis au mieux, avec justice, sagesse et droiture. Quelqu’un me rejette sans raison logique et me blesse violemment alors que je n’ai rien fait pour cela. Ce qui est : je suis blessée et rejetée. Mon autonomie : choisir par exemple de ne pas rendre le mal pour le mal ou cesser d’espérer que cela ne soit pas arrivé. C’est arrivé. Personne ne peut changer. Cesser de demander pourquoi ? et vivre dans le pour quoi, à quoi cette situation peut me servir pour l’avenir ? j’évite ainsi la faute et… la culpabilité. Par contre, je n’ai pas à accepter de prendre le fardeau de la responsabilité de la circonstance. Souviens-toi : rendre à César…
En résumé, la culpabilité est très circonscrite et c’est rassurant :
- Suis-je en train de violer le principe de bienfaisance ? Mon intention est-elle de blesser ou de faire du mal ? Si oui, il y a des explications, des excuses à donner et un changement d’attitude à vouloir pour couper la culpabilité et revenir à la paix de l’âme.
- Suis-je en train de faire ma propre justice en me vengeant ? A qui ai-je choisi de confier la justice ? Si oui, une reconnaissance du juste juge et un lâcher prise permet un retour au calme intérieur.
- Suis-je en train de considérer les autres comme inférieurs et méprisables par rapport à ma petite personne ? les vois-je comme égaux à moi face au créateur ? si non, une remise en question de me identité de Dieu est peut-être nécessaire. Il suffit de lui demander qui je suis pour remettre de l’ordre face aux autres…
- Enfin, suis-je en train de vivre dans l’autonomie offerte par Dieu ou ai-je pensé être indépendant ? Souviens-toi que Satan a chuté à cause de son orgueil… dommage pour nous d’être con-damné (damné avec lui) parce qu’on se prétend ne pas avoir besoin de reconnaître notre dépendance (évidente) envers Dieu… vivre l’autonomie dans la paix et la reconnaissance envers Dieu permet de reconquérir une joie profonde du présent (présent = cadeau !) et une confiance sereine en l’avenir…
Dieu n’est pas compliqué et très pragmatique : il donne toujours le mode d’emploi avec sa création. Et il ne manque aucune pièce au montage ! Ne te laisse plus con-damner par la culpabilité non justifiée ! Coupe la culpabilité ! Tu es fautif, qu’à cela ne tienne : coupe, change, pardonne et repars. Tu n’es pas fautif ? alors n’accepte plus de porter le fardeau d’un autre et pardonne…
Bonne route et enjoy life !
Glad