Papier froissé dans la corbeille - frustration quand tu nous tiens...

Publié le par GLAD

Vous est-il déjà arrivé d'écrire une lettre, de n'en être pas satisfait, de la froisser puis de la jeter à la corbeille? Grrrrr. On recommence...

Avez-vous jamais pensé ""Je suis mécontent/e de la vie. J'ai rarement ce que je veux et ceux vis-à-vis desquels j'ai des attentes me déçoivent toujours. Je sais que mon attitude hostile est horripilante mais je ne peux m'en empêcher. Je suis profondément mécontent/e!" ?

 

Frustration, quand tu nous tiens…

 

La frustration, d'après le dictionnaire des émotions, est une pseudo-émotion (une façon d'exprimer ce qu'on ressent sans exprimer à proprement parler des émotions). L'état de frustration parle de lui-même: lorsque je suis dans cet état, je sais que je suis insatisfait/e. Je sais également, qu'à mes yeux, je subis une injustice et que cela me révolte. Enfin, j'attribue la responsabilité de mon insatisfaction à un facteur que je considère "hors de mon contrôle". Je me sens en quelque sorte impuissant/e. Je ne peux rien faire pour changer la situation. Par exemple attendre un rendez-vous qui n'aura jamais lieu car la personne n'est pas venue, ne pas être pris pour un travail dont j'ai les qualifications, ne pas être entendu sur un sujet qui me tient à cœur…

 

Lorsqu'on est au prise avec la frustration (qui d'ailleurs peut devenir petit à petit un état habituel), chacun trouve sa manière de faire baisser son aiguillon: compensation par la nourriture, colère contre le monde entier, passivité et procrastination désopilante, consommation d'alcool ou de drogue pour baisser l'anxiété liée à la frustration, travail acharné pour se sentir utile.

 

La frustration a à voir également avec notre propre image de soi: c'est pas juste, je mérite mieux! Ou mes actions n'ont pas d'effets, je ne vaux rien. Surestimation ou sous-estimation, même combat en réalité!

C'est une mauvaise perception de ce qu'on vaut. Mais aux yeux de qui? On trouvera toujours des gens qui font, disent, agissent mieux que nous et inversement. Quelle est notre vraie valeur? Qui la fixe?

 

L'Evangile (la bonne nouvelle) de Jésus nous apprend que nous sommes précieux aux yeux de Dieu. Notre vraie valeur se trouve dans le regard aimant de Notre Père. Le mot-clé est "aimant". Dieu nous aime d'un amour éternel

"Oui, parce que tu m'es précieux, et que tu as du prix pour moi, et que je t'aime …"(Esaïe 43.4).

"Dès les temps reculés, l'Eternel lui est apparu et lui a dit: D'un amour éternel, je t'aime,c'est pourquoi je t'attire par l'affection que je te porte. " (Jér 31.3)

Il nous aime, et pourtant, on l'a bien déçu! Qui peut dire qu'il n'a pas un jour fait du mal, ou été injuste, ou blessé quelqu'un? Quand la Bible parle de péché, il veut dire: "Manquer la cible". Archer, n'as-tu jamais manqué ton but? Personne (à part Jésus) ne peut dire qu'il a mis dans le mille toute sa vie. Dieu ne nous condamne pas, il donne Sa solution: Jésus comme avocat de la défense (car nous aurons tous à comparaitre un jour devant la Justice divine pour nos actes, nos paroles, nos non-actes, nos négligences, nos méchancetés, etc). Jésus avocat a une botte secrète imparable: lorsqu'on est accusé justement de nos manquements, Il va en prison pour nous, à notre place, il paie notre dette. Et ainsi la condamnation est retirée, définitivement. Et Dieu continue à nous aimer comme au premier jour. Il est fier de nous, il prend soin jour après jour, il nous fait grandir, nous forme, nous réjouit le cœur…

Notre valeur, la vraie, est dans les yeux aimants de Dieu. Notre vraie justice est dans la rédemption par Jésus-Christ. Nos vrais objectifs (qui eux, se réaliseront) est dans le cœur de Dieu. Cela vaut-il la peine de continuer à courir après des choses futiles (bien que parfois trop importantes à nos yeux) alors que Dieu a préparé le meilleur pour nous?

"Car je connais les projets que j'ai formés sur vous, dit l'Éternel, projets de paix et non de malheur, afin de vous donner un avenir et de l'espérance" (Jér 29.11)

 

Comment sortir de la frustration?

 

Je reviens sur mon papier froissé dans la corbeille. A-t-il disparu parce qu'il est froissé à la corbeille? De même lorsqu'on est frustré, le fait de trouver des compensations ne détruit pas le motif d'insatisfaction. Sur l'ordinateur, lorsqu'on ne veut plus un programme, on le met dans la corbeille. Mais il prendra tout autant de place à cet endroit puisqu'il n'est pas effacé. C'est un pas de foi que de décider de vider la corbeille (on ne pourra plus jamais le reprendre!). Mais alors, comment l'effacer, le détruire?

 

J'appelle cela la tactique du bull-dog: une fois qu'il tient dans ses mâchoires un objet ou une proie, il ne lâchera plus. Il mettra toute son énergie à obtenir ce qu'il veut… ne voyant pas que la terre continue à tourner et qu'il a peut-être un bon steak dans sa gamelle à 10 m de lui... Nocive et aveuglante, elle produit des racines d'amertume, de rage et de tristesse...

 

Là, je vais vous énerver… ou peut-être vous frustrer? La racine du mal, revenir à la racine du mal. Pour certains, être frustré vient d'un grand sentiment d'injustice et/ou d'impuissance… dans une situation donnée, passée. Lâcher prise… accorder le pardon à ceux qui nous ont fait du mal (on ne pardonne pas s'il n'y a pas eu un acte blessant), laisser à Dieu la place de juge. Abandonner le droit à la vengeance et vider la corbeille définitivement. On peut le faire par un acte rituel tel qu'écrire les griefs sur un papier, prier et brûler ledit papier...

D'autres vivent la frustration comme un état résultant d'une mauvaise estime de soi (acquise ou non, surestimation ou sous-estimation). Lâcher prise… reconnaître que nous ne sommes que des pécheurs sauvés en marche vers le Royaume de Dieu. Dieu aime chacun à la même valeur. Pourquoi serions nous supérieur ou inférieur aux autres? Orgueil ou mépris de soi engendrent automatiquement des frustrations.

D'autres vivent la frustration de ne jamais avoir pu faire ce qu'ils voulaient faire, comme ils voulaient le faire, avec qui ils voulaient le faire… "Ca tourne pas rond" comme on dit. Lâcher prise…

"Nous savons, du reste, que toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son dessein" (Rom. 8.28)

 

Alors papier froissé ou tactique du bull-dog, on abandonne… lâcher-prise, c'est courir le risque de faire confiance. A Dieu premièrement qui prend soin de nous dans tous les détails. C'est aussi pour certains pardonner, ne plus se retourner sur le passé (laisser le passé au passé) et commencer une nouvelle page blanche. C'est encore pour d'autre demander pardon pour son orgueil et à nouveau faire confiance à Dieu qu'il gère très bien nos affaires, même si cela ne se passe pas comme nous aurions voulu, ni au moment où nous aurions voulu… Et enfin, pour sortir définitivement de la frustration installée, c'est apprendre à être reconnaissant. Ce thème fera l'objet de mon prochain billet...

 

"Et que la paix de Christ, à laquelle vous avez été appelés pour former un seul corps, règne dans vos coeurs. Et soyez reconnaissants". (Col 3.15)

 

  

Pour aller plus loin dans la réflexion sur la frustration, lire attentivement le chapitre Job 40, depuis 6, Job 41 et Job 42, 1 à 6. Une belle illustration de la vanité de l'homme et de la réponse de Dieu à ce sujet…

 

Pour voir ces passages:

http://www.biblegateway.com/passage/?book_id=22&chapter=40&version=32

http://www.biblegateway.com/passage/?book_id=22&chapter=41&version=32

http://www.biblegateway.com/passage/?book_id=22&chapter=42&version=32

 

 

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