Marche ou ...?
Qu’est qui se déplace à quatre pattes le matin, à deux à midi et à trois le soir ?
Quand quelqu’un décourage, j’ai toujours en réserve la comparaison avec l’apprentissage de la marche…
6 mois. Bébé chéri « crapahute » partout comme on dit chez nous. Sa première marche se fait sur ses quatre pattes, souvent le popotin en l’air, c’est tellement drôle. C’est qu’il va vite le filou : le temps de le dire, il est déjà à la cuisine en train de visiter le dernier étage de l’armoire qu’il a bien sûr ouverte entre temps… Mince, j’avais oublié un produit à vaisselle. Je cours, moi, sur mes
7 mois. Toujours chéri et néanmoins bébé, file entre les meubles à 4 pattes et se « lève » en s’accrochant à eux. Son sourire de victoire en dit long. 7 mois et demi. Il continue l’exploration prudente à 2 pattes avec appui. Il se déplace maintenant le long des meubles, debout. Ca y est. Il faut remonter d’un cran tous les objets de valeur, les qui-se-cassent, les beurk-pas-manger, les noooooon-pas-çaaaaa ! et les livres qu’on aimerait garder entier encore quelques années. Le travail de maman et de papa se corse encore vers 9 mois. Le cher bambin lâche de temps en temps son appui. Aïe ! Il tombe et pleure. Mais pourquoi pleure-t-il ? il a une couche multi-renforcée ? Serait-ce déjà son orgueil qui est titillé ?... C’est un infatigable. 50 fois par jour, il essaie, tombe, se relève, s’accroche et… retombe. Qu’à cela ne tienne. C’est une surveillance de tous les instants pour les parents…
Et puis LE grand jour : souvent sur sollicitation des parents, il lâche la main de maman pour aller jusqu’à papa, éloigné d’un demi mètre. Emouvant… LE premier pas. Oui bon, n’oublions pas qu’il va en faire des dizaines de millions tout au long de sa vie ! Mais NOUS, on sait, pas lui ! Alors laissons-le à sa victoire… champagne, plop !
Et puis voilà que commence vraiment l’apprentissage de la marche. Faire un pas n’est pas marcher, tout le monde le sait. Il lui faudra encore un bon mois pour faire quelques pas, bien mal assurés. Il tangue souvent, chavire parfois. Tombe encore, se relève, regarde devant lui, concentré sur ses pieds et son équilibre bien précaire…. Je dirais qu’au cours de la première année de « marche », bébé a fait autant de pas qu’il n’est tombé. Mais ne lui demandez pas d’aller vite, non ! Il se concentre, chuuuut. Parfois fatigué, il fait une « douce régression » comme je l'appelle : comme il va plus vite à 4 pattes, pour les trajets « longs », il choisit la méthode rapide.
Je passe les pleurs parce qu’il s’est cogné à l’angle de la table basse, les cris parce qu’il comprend que, même debout, il est encore trop petit pour atteindre le pot de confiture sur la 3ème étagère de la cuisine et les « mamaaaaaaan » pour le faire monter plus haut. Un jour, sans s’en apercevoir, il n’a plus besoin de se concentrer sur la marche : elle est devenue automatique. Ca y est, il a « intégré » ce nouvel outil. Il commence à prendre de l’assurance, mais tombe encore (eh oui). Il ne pleure plus quand il tombe : il sait qu’il pourra se relever et continuer. Il commence à vouloir courir comme son grand frère. On s’encouble, on rate la marche, on arrive trop vite contre une vitrine ?… il y a encore quelques réglages à faire, c’est sûr. Mais ça vient. Parfois encore pataud, il se sent fort à d’autres moments… puis si faible par manque d’expérience.
Mettre un pied devant l’autre, qui y pense quand on est adulte ? C’est le b.a. ba essentiel : quitter son lit le matin, aller à la douche, aller au travail, etc…
Nos jambes et notre cerveau nous soutiennent toute la vie d’adulte. Puis un jour, nos jambes ne nous soutiennent plus… il faut une canne, c’est le soir de notre vie.
Alors quand quelqu’un se décourage, je rappelle la lutte acharnée que le bébé gagne, à force de tomber, de se relever, de regarder devant lui et essayer encore. Les parents pourraient, quand ils entendent l’enfant tomber, le remettre dans son parc et le laisser jouer, assis… Mais pour le bien de l’enfant, ils l’encouragent à explorer son petit monde.
Lorsque nous « explorons notre petit monde », nous tentons, essayons, mais parfois nous tombons. La chute et l’échec font parties de l’expérience et forge le caractère : l’adage dit : tout ce qui ne tue pas rend plus fort !
J’ajouterai, dans notre contexte : tout échec vaincu nous donne force et sagesse pour continuer plus loin, malgré tout.
Et dans notre marche spirituelle ? Bébé chéri du Seigneur, d’abord totalement en sécurité dans Ses bras, petit à petit, nous commençons à crapahuter d’abord à 4 pattes, puis debout en se tenant aux meubles (oui, ben plutôt en se tenant aux frères et sœurs en Christ), puis en lâchant la dépendance des autres pour aller, très très maladroitement d’abord, vers le but que Dieu a fixé pour nous, personnellement. Dans tout notre apprentissage, il est là, veillant à tout, encourageant à nous relever après nos échecs, souriant avec nous de nos « victoires » alors que nous n’avons fait qu’un pas… Paul dit, après bien des moments difficiles et des décisions qui l’ont mis debout devant le Seigneur : «Oubliant ce qui est en arrière et me portant vers ce qui est en avant, je cours vers le but pour remporter le prix de la vocation (appel) céleste de Dieu en Jésus-Christ"(Phil 12, 14)… Voilà un chrétien adulte, debout et courant vers l’avant (essayez toujours de courir à toute vitesse en regardant derrière, bonjour les dégâts !) et pas n’importe quel avant : celui de l’appel que Dieu a mis dans son cœur pour cette terre ET pour le ciel !
Eh ben vous me croirez ou pas, mais cette comparaison, quand quelqu’un est vraiment assis au bord du chemin, découragé (et même parfois plus), ça parle !
Bon, maintenant
- si tu en es à l’étape quatre pattes, je te dis : Vas-y, découvre, Dieu veille sur toi.
- Si tu en es à l’étape « tenir les meubles » : tu as encore beaucoup besoin des autres, vas-y, essaie et n’aie pas peur de tomber, Dieu veille sur toi.
- Si tu en es à l’étape « je lâche pour voir » : Vas-y et écoute la voix de Dieu dans ton cœur, il te guide et veille sur toi.
- Si tu en es à ton premier pas : Bravo, tu en auras encore plein d’autres (premiers pas) dans d’autres domaines ! Vas-y, prends confiance en suivant le chemin traçé et en utilisant la lumière de la parole de Dieu pour éclairer tes pas. Dieu veille sur toi.
- Si tu fais une « douce régression » pour aller plus vite : ca arrive, mais tu perds ton temps… Tente encore et bientôt tu pourras courir ! Dieu conduit tes pas vers Sa maison et veille sur toi.
- Si tu tentes de courir et qu’il y a encore des « petits réglages à faire », prends courage, Dieu te tient par la main et ne permettra pas que ton pied chancelle ! Il veille sur toi
- Si tu cours, prends garde de ne pas tomber. L’enjeu est plus grand maintenant. Regarde en avant, les yeux plongés dans ceux de Dieu, écoute sa direction et suis son bon conseil, il veille sur toi.
Oui, il veille … Psaume 121 pour toi :
« Je lève mes yeux vers les montagnes... D'où me viendra le secours?
Le secours me vient de l'Éternel, Qui a fait les cieux et la terre.
Il ne permettra point que ton pied chancelle; Celui qui te garde ne sommeillera point.
Voici, il ne sommeille ni ne dort, Celui qui garde Israël.
L'Éternel est celui qui te garde, L'Éternel est ton ombre à ta main droite.
Pendant le jour le soleil ne te frappera point, Ni la lune pendant la nuit.
L'Éternel te gardera de tout mal, Il gardera ton âme;
L'Éternel gardera ton départ et ton arrivée, Dès maintenant et à jamais. »
GlàD